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[Portraits associatifs N°7] La Tragédie

Publié par
EPIC-Magazine

Par Juliette Gaultier, publié le 14 août 2021
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En partenariat avec la plateforme À nous de jouer !dédiée à l’engagement des jeunes, EPIC te propose sa série Portraits associatifs. Jusqu’à la fin de l’été, découvre chaque mois et demi une association, les personnes qui s’y engagent pour faire vivre la culture locale et les valeurs qu’elles défendent. Pour ce septième épisode, on s’intéresse à la Tragédie, association qui oeuvre pour la reprise du bâtiment de la Comédie. Rencontre avec les co-présidentes de l’association : Céline Zinguinian et Audray Stadler.

Description générale

Depuis combien de temps faites-vous partie de la Tragédie et comment avez-vous rejoint l’association ?

C : J’ai rejoint le projet au tout début, en 2017. Nous étions cinq groupes d’associations à l’initiative du projet de reprise du théâtre de la Comédie qui allait déménager aux Eaux-Vives. Il y avait l’association des étudiant·e·x·s en lettres, l’AESPRI, la comédie musicale, lyoxa, le collectif nocturne et aussi des membres de l’université. On s’est réunit dans l’idée de créer un nouvel espace avec le bâtiment de la Comédie qui allait se libérer, on voulait créer un tiers lieu. On s’est constitué en association en mai 2019 pour proposer ce projet et pour tenir la buvette lorsqu’il y avait encore le théâtre. L’idée avec la reprise de ce bâtiment est de créer un endroit où les personnes pourraient venir, s’approprier l’espace, monter des projets, créer de nouvelles synergies, créer une communauté de personnes avec des projets culturels en leur proposant l’espace pour le faire. Lorsque qu’on a eu la possibilité de reprendre la buvette sur une saison en mai 2019, on a organisé une AG constitutive et très rapidement on a atteint 80 personnes.

A : J’ai rejoint l’association à ce moment-là, j’ai suivi le projet de loin parce que je connaissais des personnes qui en faisait partie. Je me suis d’abord impliquée à travers le bar. Lorsqu’il a fallu le lancer, le faire tourner, gérer les bénévoles, c’est à ce moment que c’est devenu plus concret pour moi, où j’ai commencé à m’engager davantage. Durant tout le début de la saison, j’ai fait ça, et ensuite ça m’a donné envie de m’investir davantage dans l’aspect politique et dans le projet global de reprise. C’est donc à l’AG qui a eu lieu en automne 2019 que j’ai rejoint le comité. Les différentes associations à l’initiative du projet de départ étaient aussi à l’image de ce que l’on avait envie de faire : il ne s’agissait pas seulement d’associations universitaires mais aussi d’étudiant·e·x·s. On tenait à que ce soit une gestion ouverte, décloisonnée. Les différentes associations regroupaient plusieurs envies ; elles voulaient qu’il y ait un aspect évènementiel, de vie associative, que l’on réfléchisse à des lieux plus décloisonnés, certaines associations comme l’AEL et l’AESPRI étant des associations assez investies concernant la question des espaces octroyés aux étudiant·e·x·s. Toutes ces questions convergeaient vers la Tragédie, devenant ainsi un lieu de solutions plurielles.

Quels sont les buts et les valeurs de votre association ?

A : Le but de l’association est de proposer un nouveau type de gestion du bâtiment de la Comédie, de le mettre à disposition de la communauté étudiante élargie et de l’ouvrir sur la cité. C’est un lieu de convergence où plein de personnes viennent avec des connaissances différentes, et qui font leurs projets dans un même lieu, qui se rencontrent et créent ensemble. On ne voulait pas que ce soit un lieu qui organise uniquement des spectacles ou des conférences, notre but c’était d’en faire un lieu de vie. L’idée de la gestion associative et étudiante comme on la défend, c’est de pouvoir offrir un espace d’expérimentation, appliquer des savoirs théoriques, de les expérimenter dans un lieu concret.

C : Ce sont d’ailleurs des valeurs et des buts qui dépassent le seul lieu, cadre de la Comédie. Avec la possibilité qu’on ne puisse pas investir ce bâtiment là, c’est un projet qui peut être porté sur d’autres lieux voire même sans lieu.

A : Dans les faits ça fait plus d’une année que l’on est sans lieu, on essaie de s’inscrire dans plusieurs endroits ou de façon virtuelle. Pour moi, le projet de la Tragédie continue d’évoluer, sans le projet de reprise du bâtiment qui est l’angle concret de l’association, autour duquel beaucoup de personnes se sont rassemblées. Il a fallu se demander quelles étaient les intentions plus globales que l’on avait avec ce bâtiment. Il s’avère que ces intentions trouvaient un cadre parfait avec le bâtiment de la Comédie, c’est un lieu qui fait sens, un projet qui peut faire écho d’autres façons.

C : Ça pose toute une réflexion sur l’utilisation de l’espace, comment créer une identité quand il n’y n’a pas de lieu.

A : Avoir un lieu, c’est aussi perdre une forme de liberté car tu perds de l’énergie dans la gestion concrète, beaucoup de choses se fixent dès lors. Il y a aussi une créativité qui nait de devoir s’adapter à chaque fois que l’on veut faire quelque chose, lorsque l’on doit trouver un lieu.

Combien de personnes sont membres de l’association ?

A : Nous sommes à 280 membres actuels et 10 dans le comité. Durant l’année de gestion du bar, on était arrivé à une centaine de bénévoles. Certains gravitent autour dans les évènements, d’autres s’investissent dans des projets particuliers. On a aussi eu une quarantaine d’associations qui nous ont soutenus lorsque l’on a lancé l’appel à réintégrer la Tragédie. On a beaucoup de liens avec les associations intra et extra-universitaires.

C : Le bar a été un moyen assez fantastique de faire du recrutement. Beaucoup de personnes aiment servir des bières, ça fait un point de chute où les gens peuvent se retrouver.

A : Oui, c’est un lieu de sociabilisation. Beaucoup de personnes sont d’abord venues à travers le bar avant de s’intéresser au projet global.

Soirée culturelle 100 limite

Fonctionnement

Comment fonctionnez-vous (nombre de réunions, comité, AG et AG extraordinaires, relation avec les membres, éventuelle rémunération, etc.) ?

A : On fait deux AG par an, une par semestre. On a des réunions toutes les deux semaines avec les membres du comité et, parallèlement à ça, on a des groupes de travail qui s’occupent des différents aspects et qui se réunissent en fonction des besoins. Il y a aussi des membres actifs qui ne sont pas membres du comité mais qui se réunissent régulièrement. L’un de nos groupes actuels les plus actifs est celui des actions culturelles.

C : Ce groupe a été lancé pour organiser des évènements en marge de la buvette et c’est lui maintenant qui est en charge des évènements qui sont organisés. Avec la Tragédie, on a pu à un moment donné créer des emplois, ça permettait de rétribuer quelques personnes qui avaient endossé des responsabilités. On avait par exemple des gestionnaires de bar.

A : On a eu en tout une quinzaine de responsables différents qui avaient la responsabilité de s’assurer que chaque soir, les bénévoles pouvaient venir, savoir ce qu’il fallait faire et passer un moment derrière le bar. Ils prenaient la charge de l’organisation, de la gestion des plannings, du nettoyage à la fin.

Êtes-vous à la recherche de membres ?

A : Oui, de différentes manières, des membres intéressés à suivre le projet, des membres qui veulent proposer des projets. Même si pour l’instant on ne peut pas proposer de bâtiment, on est toujours curieux de connaitre les envies du moment, comment on peut répondre à celles-ci, si certain·e·x·s veulent s’impliquer à travers des évènements plus festifs ou s’inscrire dans des moments de réflexion.

Engagement

Pourquoi vous êtes-vous organisés sous la forme d’une association ? Quels étaient les défis ?

C : On a toujours eu le projet de se créer en association pour des questions de fonctionnement, pour proposer une structure la plus horizontale possible et puis c’était aussi la forme la plus simple pour reprendre le bar, ça a été assez naturel.

A : Quand il s’est avéré que la forme de la Tragédie ne convenait pas aux institutions, il y a eu un moment où on a essayé de créer une autre forme qui restait fidèle à ce que la Tragédie voulait proposer mais qui le faisait différemment. À ce moment-là, on s’est posé la question du collectif, de la faitière pour la gestion du bâtiment, mais ça n’a pas été retenu.

C : Ce sont des questions qui se sont posées au début : « est-ce que les membres étaient là à titre individuel ou non ? », « est-ce qu’une association peut être membre de la Tragédie ou pas ? » On avait opté pour cette option car on voulait que les gens puissent, en termes d’engagement, le faire en leur nom propre et non pas seulement par des représentants d’autres associations. La faîtière aurait pu permettre aussi d’avoir une plus grande force de frappe.

A : L’association a été également un moyen d’offrir différentes façons de s’impliquer.

C : Elle offre une flexibilité. Si on avait repris le bar en tant qu’exploitant, on aurait dû avoir une patente. C’était un moyen de laisser la possibilité aux membres de s’investir là où ils le souhaitaient.

Comment se passe la gestion de 280 membres ?

A : C’est difficile de garder le lien avec autant de membres, d’autant plus qu’on est conscient que les membres sont présents pour différentes raisons. C’est un point sur lequel on aimerait travailler, c’est parfois difficile de réunir tous les membres autour de certaines choses étant donné la variété des membres que l’on a.

C : Il y a en a aussi certains qui sont uniquement intéressés par la Comédie et d’autres par le projet plus global.

A : Ce serait aussi une redéfiniton à faire si la perspective du bâtiment s’efface complètement. Il y aurait une redéfinition de l’association en tant que telle, ce que la Tragédie peut apporter et à qui.

Avez-vous reçu des propositions d’investir d’autres lieux ?

A : L’association Le Relais nous a sollicités car ils ont ouvert une buvette au parc Chuit à Lancy. Ils l’ont fait notamment pour les structures de bar que l’on avait montées pendant tout un été et pour l’expérience de gestion associative. La dynamique de la Tragédie est également sollicitée ; on a fait un évènement en collaboration avec la maison des associations et on va surement en refaire. Le festival Histoire et cité nous sollicite également pour des collaborations, celles avec le collectif nocturnes se font assez naturellement. Chaque collaboration est intéressante car elle permet de se remettre en question et de voir ce que la Tragédie peut amener, de s’inscrire dans un paysage culturel plus large qui dépasse ce que la Tragédie veut faire.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un·e jeune qui hésite à s’engager dans une association culturelle ?

A : De ne pas avoir peur de l’image que peuvent renvoyer les associations comme des lieux assez fermés qui tournent déjà. Souvent c’est beaucoup plus ouvert, elles sont régulièrement à la recherche de nouvelles personnes qui veulent s’engager de différentes façons ou de renouvellement d’idées. Il y a toujours la place pour les personnes qui veulent s’investir : ce sont toujours des rencontres qui sont chouettes, qui apportent des deux côtés.

C : Ce sont des cadres bienveillants, où généralement il n’y a pas trop de pression. C’est un espace d’expérimentation, ce sont aussi de bonnes formations.

A : L’avantage d’une association c’est qu’il y aura toujours quelqu’un·e qui saura et qui peut te montrer comment certaines tâches se font, qui les auront faites avant toi. Ce sont des lieux de transmission et de mise en commun de savoir.

Avenir

Quelles sont les priorités de l’association dans un futur proche ? Et dans un futur plus lointain ?

C : Je pense qu’il y a la question en suspens du bâtiment de la Comédie qui était le but premier. Ensuite, nous avons une série de collaborations en route avec plusieurs lieux, la maison des associations et le festival Histoire et Cité, et nous sommes toujours intéressés à recevoir d’autres propositions pour d’autres lieux. Il y aura probablement des évènements culturels en octobre. Il s’est passé pas mal de choses ces derniers temps, on aimerait aussi réfléchir autour des questions d’attribution d’espaces. C’est un projet sur le long terme.

A : On souhaite prendre du temps de réflexion. On a été dans des moments de réaction, il y a eu d’importantes décisions à prendre lorsque le comité s’est renouvelé, des questions identitaires. Là, on se dit que c’est un moment de poser des questions plus larges, de les ouvrir au-delà du comité, notamment la question du besoin d’espace pour se retrouver.

C : Le Covid est aussi un angle de réflexion. Les associations ont été cette année un socle pour un certain nombre de choses dans la société. La réalité c’est que maintenant que l’on commence à en sortir. C’est dur, les associations ont été brisées dans leur élan, il faut trouver le moyen de les faire tourner de nouveau.

Découvre la page de la Tragédie sur anousdejouer.ch, sur Instagram et sur Facebook.

Par Juliette Gaultier, publié le 14 août 2021
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Description générale

Depuis combien de temps faites-vous partie de la Tragédie et comment avez-vous rejoint l’association ?

C : J’ai rejoint le projet au tout début, en 2017. Nous étions cinq groupes d’associations à l’initiative du projet de reprise du théâtre de la Comédie qui allait déménager aux Eaux-Vives. Il y avait l’association des étudiant·e·x·s en lettres, l’AESPRI, la comédie musicale, lyoxa, le collectif nocturne et aussi des membres de l’université. On s’est réunit dans l’idée de créer un nouvel espace avec le bâtiment de la Comédie qui allait se libérer, on voulait créer un tiers lieu. On s’est constitué en association en mai 2019 pour proposer ce projet et pour tenir la buvette lorsqu’il y avait encore le théâtre. L’idée avec la reprise de ce bâtiment est de créer un endroit où les personnes pourraient venir, s’approprier l’espace, monter des projets, créer de nouvelles synergies, créer une communauté de personnes avec des projets culturels en leur proposant l’espace pour le faire. Lorsque qu’on a eu la possibilité de reprendre la buvette sur une saison en mai 2019, on a organisé une AG constitutive et très rapidement on a atteint 80 personnes.

A : J’ai rejoint l’association à ce moment-là, j’ai suivi le projet de loin parce que je connaissais des personnes qui en faisait partie. Je me suis d’abord impliquée à travers le bar. Lorsqu’il a fallu le lancer, le faire tourner, gérer les bénévoles, c’est à ce moment que c’est devenu plus concret pour moi, où j’ai commencé à m’engager davantage. Durant tout le début de la saison, j’ai fait ça, et ensuite ça m’a donné envie de m’investir davantage dans l’aspect politique et dans le projet global de reprise. C’est donc à l’AG qui a eu lieu en automne 2019 que j’ai rejoint le comité. Les différentes associations à l’initiative du projet de départ étaient aussi à l’image de ce que l’on avait envie de faire : il ne s’agissait pas seulement d’associations universitaires mais aussi d’étudiant·e·x·s. On tenait à que ce soit une gestion ouverte, décloisonnée. Les différentes associations regroupaient plusieurs envies ; elles voulaient qu’il y ait un aspect évènementiel, de vie associative, que l’on réfléchisse à des lieux plus décloisonnés, certaines associations comme l’AEL et l’AESPRI étant des associations assez investies concernant la question des espaces octroyés aux étudiant·e·x·s. Toutes ces questions convergeaient vers la Tragédie, devenant ainsi un lieu de solutions plurielles.

Quels sont les buts et les valeurs de votre association ?

A : Le but de l’association est de proposer un nouveau type de gestion du bâtiment de la Comédie, de le mettre à disposition de la communauté étudiante élargie et de l’ouvrir sur la cité. C’est un lieu de convergence où plein de personnes viennent avec des connaissances différentes, et qui font leurs projets dans un même lieu, qui se rencontrent et créent ensemble. On ne voulait pas que ce soit un lieu qui organise uniquement des spectacles ou des conférences, notre but c’était d’en faire un lieu de vie. L’idée de la gestion associative et étudiante comme on la défend, c’est de pouvoir offrir un espace d’expérimentation, appliquer des savoirs théoriques, de les expérimenter dans un lieu concret.

C : Ce sont d’ailleurs des valeurs et des buts qui dépassent le seul lieu, cadre de la Comédie. Avec la possibilité qu’on ne puisse pas investir ce bâtiment là, c’est un projet qui peut être porté sur d’autres lieux voire même sans lieu.

A : Dans les faits ça fait plus d’une année que l’on est sans lieu, on essaie de s’inscrire dans plusieurs endroits ou de façon virtuelle. Pour moi, le projet de la Tragédie continue d’évoluer, sans le projet de reprise du bâtiment qui est l’angle concret de l’association, autour duquel beaucoup de personnes se sont rassemblées. Il a fallu se demander quelles étaient les intentions plus globales que l’on avait avec ce bâtiment. Il s’avère que ces intentions trouvaient un cadre parfait avec le bâtiment de la Comédie, c’est un lieu qui fait sens, un projet qui peut faire écho d’autres façons.

C : Ça pose toute une réflexion sur l’utilisation de l’espace, comment créer une identité quand il n’y n’a pas de lieu.

A : Avoir un lieu, c’est aussi perdre une forme de liberté car tu perds de l’énergie dans la gestion concrète, beaucoup de choses se fixent dès lors. Il y a aussi une créativité qui nait de devoir s’adapter à chaque fois que l’on veut faire quelque chose, lorsque l’on doit trouver un lieu.

Combien de personnes sont membres de l’association ?

A : Nous sommes à 280 membres actuels et 10 dans le comité. Durant l’année de gestion du bar, on était arrivé à une centaine de bénévoles. Certains gravitent autour dans les évènements, d’autres s’investissent dans des projets particuliers. On a aussi eu une quarantaine d’associations qui nous ont soutenus lorsque l’on a lancé l’appel à réintégrer la Tragédie. On a beaucoup de liens avec les associations intra et extra-universitaires.

C : Le bar a été un moyen assez fantastique de faire du recrutement. Beaucoup de personnes aiment servir des bières, ça fait un point de chute où les gens peuvent se retrouver.

A : Oui, c’est un lieu de sociabilisation. Beaucoup de personnes sont d’abord venues à travers le bar avant de s’intéresser au projet global.

Soirée culturelle 100 limite

Fonctionnement

Comment fonctionnez-vous (nombre de réunions, comité, AG et AG extraordinaires, relation avec les membres, éventuelle rémunération, etc.) ?

A : On fait deux AG par an, une par semestre. On a des réunions toutes les deux semaines avec les membres du comité et, parallèlement à ça, on a des groupes de travail qui s’occupent des différents aspects et qui se réunissent en fonction des besoins. Il y a aussi des membres actifs qui ne sont pas membres du comité mais qui se réunissent régulièrement. L’un de nos groupes actuels les plus actifs est celui des actions culturelles.

C : Ce groupe a été lancé pour organiser des évènements en marge de la buvette et c’est lui maintenant qui est en charge des évènements qui sont organisés. Avec la Tragédie, on a pu à un moment donné créer des emplois, ça permettait de rétribuer quelques personnes qui avaient endossé des responsabilités. On avait par exemple des gestionnaires de bar.

A : On a eu en tout une quinzaine de responsables différents qui avaient la responsabilité de s’assurer que chaque soir, les bénévoles pouvaient venir, savoir ce qu’il fallait faire et passer un moment derrière le bar. Ils prenaient la charge de l’organisation, de la gestion des plannings, du nettoyage à la fin.

Êtes-vous à la recherche de membres ?

A : Oui, de différentes manières, des membres intéressés à suivre le projet, des membres qui veulent proposer des projets. Même si pour l’instant on ne peut pas proposer de bâtiment, on est toujours curieux de connaitre les envies du moment, comment on peut répondre à celles-ci, si certain·e·x·s veulent s’impliquer à travers des évènements plus festifs ou s’inscrire dans des moments de réflexion.

Engagement

Pourquoi vous êtes-vous organisés sous la forme d’une association ? Quels étaient les défis ?

C : On a toujours eu le projet de se créer en association pour des questions de fonctionnement, pour proposer une structure la plus horizontale possible et puis c’était aussi la forme la plus simple pour reprendre le bar, ça a été assez naturel.

A : Quand il s’est avéré que la forme de la Tragédie ne convenait pas aux institutions, il y a eu un moment où on a essayé de créer une autre forme qui restait fidèle à ce que la Tragédie voulait proposer mais qui le faisait différemment. À ce moment-là, on s’est posé la question du collectif, de la faitière pour la gestion du bâtiment, mais ça n’a pas été retenu.

C : Ce sont des questions qui se sont posées au début : « est-ce que les membres étaient là à titre individuel ou non ? », « est-ce qu’une association peut être membre de la Tragédie ou pas ? » On avait opté pour cette option car on voulait que les gens puissent, en termes d’engagement, le faire en leur nom propre et non pas seulement par des représentants d’autres associations. La faîtière aurait pu permettre aussi d’avoir une plus grande force de frappe.

A : L’association a été également un moyen d’offrir différentes façons de s’impliquer.

C : Elle offre une flexibilité. Si on avait repris le bar en tant qu’exploitant, on aurait dû avoir une patente. C’était un moyen de laisser la possibilité aux membres de s’investir là où ils le souhaitaient.

Comment se passe la gestion de 280 membres ?

A : C’est difficile de garder le lien avec autant de membres, d’autant plus qu’on est conscient que les membres sont présents pour différentes raisons. C’est un point sur lequel on aimerait travailler, c’est parfois difficile de réunir tous les membres autour de certaines choses étant donné la variété des membres que l’on a.

C : Il y a en a aussi certains qui sont uniquement intéressés par la Comédie et d’autres par le projet plus global.

A : Ce serait aussi une redéfiniton à faire si la perspective du bâtiment s’efface complètement. Il y aurait une redéfinition de l’association en tant que telle, ce que la Tragédie peut apporter et à qui.

Avez-vous reçu des propositions d’investir d’autres lieux ?

A : L’association Le Relais nous a sollicités car ils ont ouvert une buvette au parc Chuit à Lancy. Ils l’ont fait notamment pour les structures de bar que l’on avait montées pendant tout un été et pour l’expérience de gestion associative. La dynamique de la Tragédie est également sollicitée ; on a fait un évènement en collaboration avec la maison des associations et on va surement en refaire. Le festival Histoire et cité nous sollicite également pour des collaborations, celles avec le collectif nocturnes se font assez naturellement. Chaque collaboration est intéressante car elle permet de se remettre en question et de voir ce que la Tragédie peut amener, de s’inscrire dans un paysage culturel plus large qui dépasse ce que la Tragédie veut faire.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un·e jeune qui hésite à s’engager dans une association culturelle ?

A : De ne pas avoir peur de l’image que peuvent renvoyer les associations comme des lieux assez fermés qui tournent déjà. Souvent c’est beaucoup plus ouvert, elles sont régulièrement à la recherche de nouvelles personnes qui veulent s’engager de différentes façons ou de renouvellement d’idées. Il y a toujours la place pour les personnes qui veulent s’investir : ce sont toujours des rencontres qui sont chouettes, qui apportent des deux côtés.

C : Ce sont des cadres bienveillants, où généralement il n’y a pas trop de pression. C’est un espace d’expérimentation, ce sont aussi de bonnes formations.

A : L’avantage d’une association c’est qu’il y aura toujours quelqu’un·e qui saura et qui peut te montrer comment certaines tâches se font, qui les auront faites avant toi. Ce sont des lieux de transmission et de mise en commun de savoir.

Avenir

Quelles sont les priorités de l’association dans un futur proche ? Et dans un futur plus lointain ?

C : Je pense qu’il y a la question en suspens du bâtiment de la Comédie qui était le but premier. Ensuite, nous avons une série de collaborations en route avec plusieurs lieux, la maison des associations et le festival Histoire et Cité, et nous sommes toujours intéressés à recevoir d’autres propositions pour d’autres lieux. Il y aura probablement des évènements culturels en octobre. Il s’est passé pas mal de choses ces derniers temps, on aimerait aussi réfléchir autour des questions d’attribution d’espaces. C’est un projet sur le long terme.

A : On souhaite prendre du temps de réflexion. On a été dans des moments de réaction, il y a eu d’importantes décisions à prendre lorsque le comité s’est renouvelé, des questions identitaires. Là, on se dit que c’est un moment de poser des questions plus larges, de les ouvrir au-delà du comité, notamment la question du besoin d’espace pour se retrouver.

C : Le Covid est aussi un angle de réflexion. Les associations ont été cette année un socle pour un certain nombre de choses dans la société. La réalité c’est que maintenant que l’on commence à en sortir. C’est dur, les associations ont été brisées dans leur élan, il faut trouver le moyen de les faire tourner de nouveau.

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